Magie et élégance : Dior aux Musées des arts décoratifs de Paris – On’ (Sorb’on)

• Reportage – Culture – © Laetitia Asgarali Dumont •

→  https://on-media.fr/2018/01/28/magie-et-elegance-dior-aux-musees-des-arts-decoratifs-de-paris/

 

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Le « Tailleur Bar », symbole de modernité crée en 1947 par Christian Dior. – © Adrien Dirand

L’exposition Dior, au Musée des Arts décoratifs de Paris est un véritable évènement. De juin à janvier 2018, 32.000 mètres carrées sont consacrés à la célèbre maison de couture. Le visiteur est pris dans un tourbillon de couleurs, de souvenirs, de mouvements artistiques et découvre comment le vêtement devient une œuvre d’art.

Un lieu magique où l’on découvre plus de 300 modèles de haute couture. Véritable voyage dans l’univers artistique du fondateur de la maison Dior et des célèbres couturiers qui lui ont succédés : Yves Saint Laurent, Marc Bohan, Gianfranco Ferré, John Galliano, Raf Simons et plus récemment Maria Grazia Chiuri.

À la découverte de la maison Dior

Tout commence par la découverte de la vie de Christian Dior au travers d’objets lui ayant appartenu. Du paquet de cartes fétiches de son enfance à ses premières photos et esquisses, on devine ses premiers émois artistiques. Christian Dior est né dans une famille aisée de Normandie. Il devient galeriste en 1929 et intègre le monde de l’art parisien. Ses amis sont Dali, Chagall, Cocteau et bien d’autres figures littéraires et artistiques. Il baigne ainsi dans le mouvement surréaliste, apprend les bases de croquis de mode et érige sa maison de couture en 1946. Son succès est immédiat. C’est le début d’une nouvelle approche de la mode, celle du « New-Look ».

“ Une robe telle que je conçois est une architecture éphémère destinée à exalter les proportions du corps féminin ”
– Christian Dior –

Les créateurs qui lui succéderont s’inspireront de sa manière de voir la mode comme « la poésie de la vie ». Plusieurs pièces illustrent la contribution de chaque directeur artistique. La robe « Trapèze » d’Yves Saint Laurent marquant la taille et dévoilant les jambes, les modèles baroques de Gianfranco Ferré avec leurs coupes empires, font progressivement évoluer la maison de couture.

L’esprit des créations Dior

La plongée dans l’univers de la maison est complète à la découverte d’une salle longiligne présentant de multiples créations en un dégradé intense de couleurs. Comme un atelier secret, les accessoires sons mis en valeur sur un fond noir de jais allant de chapeaux à des miniatures de robes ou des parfums iconiques.

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Colorama d’accessoires – © Laetitia Asgarali

Les multiples sources d’inspirations des designers nous sont dévoilées : des tonalités venant de paysages naturels, des confections issus de cultures du monde entier, des modèles reprenant des peintures et travaux littéraires. L’exposition reproduit plusieurs boudoirs où les créations se découvrent dans des salons et théâtres parisiens. Un bouquet de modèles inspirés des jardins anglais se place dans un décor orné de millier de fleurs de papier réalisées à la main. Tout est fait pour nous transporter dans l’univers d’élégance et de raffinement caractéristique de la couture française, tout en rendant accessible ce qui n’était au départ qu’une vision réservée à une élite sociale.

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Les inspirations florales de la maison – © Laetitia Asgarali
 “ Ce génie léger propre à notre temps et dont le nom magique comporte Dieu et or ”
– Jean Cocteau –

Vient la dernière salle, celle qui met en lumière toutes les robes des créateurs. Nous entrons dans la nef, au cœur d’un bal de chefs d’œuvres créatifs.

En hauteur, les habits sont soulignées par des jeux de lumière enrobant les perles et soieries des modèles portés par les plus grandes stars du XX ème siècle à nos jours. Des dessins apparaissent sur les murs, passant d’un univers poudré à une fresque baroque se transformant en une pluie d’or. Ainsi les yeux levés au ciel, contemplant ce mélange de modernité et d’élégance, notre regard ne peut être qu’émerveillé devant l’histoire de la maison Dior qui nous ai conté.

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La nef du musée : point focale de l’exposition – © Laetitia Asgarali

 

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• Exposition : « Christian Dior : Couturier du rêve »

Musée des Arts Décoratifs, Paris

Du 5 juin 2017 au 7 Janvier 2018

Site :  http://www.lesartsdecoratifs.fr

 

 

Photo de couverture : Adrien Dirand

ENTRETIEN : La relation avec les autres après un traumatisme : témoignage de Caroline Langlade, rescapée du Bataclan

• Article – Société –  © Laetitia Asgarali Dumont • / Journal étudiant On’ (Sorb’on)

Caroline Langlade : auteure du livre « Sorties de secours » – © Mathieu Gardes

Deux ans après l’attentat du Bataclan survenu en 2015 à Paris, Caroline Langlade témoigne de son expérience de vie dans son livre intitulé « Sortie de Secours ». Elle est revenue pour nous sur son rapport avec autrui et sur les messages qu’elle souhaite transmettre à la société.

A qui s’adresse votre livre « Sorties de secours » ?

Je l’ai d’abord dédié à mon compagnon Alexandre. Présent avec moi le 13 Novembre, il est un soutien indéfectible dans mon quotidien. Ce livre s’adresse aussi particulièrement à la jeunesse. La future génération mérite d’avoir un avenir en paix.

Après les attentats, certains politiques ont adressé un message aux jeunes en leurs demandant de se battre, de combattre perpétuellement. Pour moi ce n’est pas du tout leur rôle ! La future génération doit pouvoir se construire malgré les événements récents. Il est par contre nécessaire qu’ils apprennent à comprendre les traumatismes, à appréhender les relations avec autrui pour communiquer avec empathie.

 

“ Le but principal de ce livre est de pouvoir transmettre ce qu’on a vécu pour en faire preuve, montrer de manière pédagogique comment comprendre l’autre ”

 

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans la gestion de l’après-attentat par la société ?

Après avoir vécu tout ça on se dit qu’on ne sera plus confronté à la bêtise humaine, qu’on va avoir au moins un temps de repos ! Mais au final on y fait face trop rapidement.
Je l’évoque dans mon livre à travers les propos de cette conseillère en assurance. Elle m’avait demandé trois jours après l’attentat de quoi je me plaignais exactement car des personnes avaient été réellement blessées ‘Elles’. Ça montre bien qu’il est aujourd’hui nécessaire de former les instances administratives et sociales à communiquer avec bienveillance avec autrui. J’ai aussi vu un phénomène très intrusif. Celui du ‘business’ qu’il y avait autour des attentats et des victimes. Certaines entreprises n’ont pas hésité une seconde à vouloir gagner de l’argent sur la douleur des gens.

C’est en même temps affolant de voir de tels comportements mais rassurant d’une certaine manière, car même si cet événement a changé nos vies : les cons restent des cons. Face à ceux qui comme vous ont vécu un événement traumatisant et qui essaie de se reconstruire, il y a les autres et leurs regards sur l’événement.

 

Comment arrive – t – on à gérer ce rapport avec autrui qui peut être difficile ?

Souvent il y a des mots qui blessent. Pour moi ce n’est pas de la méchanceté en tant que tel, mais des maladresses qui sont créées par un événement qui déboussolent tout le monde. J’ai souvent dit aux membres de l’association Life of Paris, réunissant les personnes confrontées aux attentats de Paris, qu’après Charlie on n’avait pas conscience de la douleur d’autrui dans notre vie quotidienne. Oui on était choqué après coup, on avait l’impression qu’on nous avait enlevé une part de liberté en tuant les dessinateurs qu’on connaissait depuis l’enfance. Et après avoir défilé en pleurant, nous avions ensuite repris le cours de notre vie comme si de rien n’était.

En y réfléchissant je me suis du coup rendu compte qu’on ne peut pas en vouloir à l’autre de ne pas comprendre. C’est aussi notre rôle d’expliquer. Le but principal de ce livre est de pouvoir transmettre ce qu’on a vécu pour en faire preuve, montrer de manière pédagogique comment comprendre l’autre. Je souhaite montrer comment des événements traumatisants peuvent donner de la force, nous permettre d’atteindre une forme de résilience. Même si cela prend du temps et de l’énergie de surmonter les chocs, on en sortira grandi.

“ Le 13 novembre m’a quand même apporté ce cadeau de vivre désormais le moment présent pleinement ”

 

Comment pouvons-nous aider à notre niveau les personnes touchées par des événements traumatisants ?

Le 13 j’ai vu le pire de l’humain mais aussi le meilleur. Quand nous avons dû attendre dans une cour d’immeuble après que la police nous est fait sortir du Bataclan. Des gens n’ont pas hésités une seule seconde en pleine nuit à nous donner des couvertures, des vêtements, des cafés, tout objet qu’ils avaient pour nous soutenir dans le chaos.

Pour aider les autres il faut pouvoir être à l’écoute sans porter de jugements préconçus. Ne pas être ni dans la pitié ni dans l’agressivité mais être simplement à l’écoute de l’autre. C’est quelque chose d’important dans tous les types de relations humaines et les petites choses comme ça c’est ce qui nous permet de tenir.

 

Quels sont désormais vos objectifs ?

J’ai quitté il y a peu la présidence de l’association Life of Paris. Cette expérience m’a vraiment beaucoup apportée car j’ai pu me nourrir des autres pour me réparer. Je m’y suis cependant trop investie. Je suis devenue une mère pour certaines victimes ce qui n’était pas le but. Aujourd’hui mes objectifs sont difficiles à définir, je ne peux plus me projeter à long terme depuis le Bataclan.
Tout se fait au jour le jour. Je laisse les projets venir à moi pour en profiter sans m’autocensurer, sans vouloir atteindre une perfection impossible. Le 13 novembre m’a quand même apporté ce cadeau de vivre désormais le moment présent pleinement plutôt que de me projeter sans cesse vers un idéal d’avenir. Vivre le moment présent m’a permis d’oser écrire.

 

Black Friday : Masque d’une surconsommation ? – (On’) Sorb’on

• Article – Société –  © Laetitia Asgarali Dumont •

→ https://on-media.fr/2017/12/01/black-friday-masque-dune-surconsommation/

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Photo de couverture : Demotix

Dior : Magical exhibition at the ‘Musée des Arts Décoratifs’ in Paris – Nouvelles Vagues (Paris 3)

• Article – Culture – © Laetitia Asgarali Dumont  •

→ https://nouvellesvagues.wordpress.com/2017/12/21/dior-magical-exhibition-at-the-musee-des-arts-decoratifs-in-paris/ 

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Poster : photo Emma Summerton

First photo : Adrien Dirand

RADIO – Chronique : « Kimono , Au bonheur des dames » – Musée Guimet – Radio Campus Paris

logo RCP - petit - rouge - fond blanc « Tour des Facs » 2017 – Radio Campus Paris – Parvis Université Sorbonne – Nouvelle (Paris 3)

• Chronique Radio Culture – © Laetitia Asgarali Dumont •

 

Aujourd’hui Laetitia tu vas nous parler culture japonaise & mode avec l’exposition « Kimono- Au bonheur des dames ». Une expo actuellement au musée des arts asiatiques de Paris, le Musée Guimet, jusqu’au 22 mai prochain.

Avec cette exposition c’est vraiment un morceau de Japon qui s’est installé dans la capitale. Inédite et unique en son genre en France, c’est la première fois que des kimonos aussi rares sortent du Japon pour être présenté au grand public.

On doit cette collection à la maison de mode Matsuzakaya qui met en lumière, l’évolution de la mode japonaise, à travers des pièces de collections du 17 ème siècle jusqu’à nos jours.

Destiné au passionné de la culture japonaise mais aussi aux adeptes de créations artistiques ; Le but principal de l’expo est ici de nous montrer les transformations de ce vêtement au fil de l’histoire japonaise, mais aussi les mutations provoquées par son passage du monde orientale vers le monde occidental.

 

A quel type de vêtement correspond le Kimono ?

Initialement le mot Kimono désignait tous types de vêtements que l’on pouvait porter. Avec le temps, ce mot c’est associé à la robe traditionnelle japonaise tel que nous la connaissons aujourd’hui.

Un Kimono, c’est simplement 7 bandes longues de tissus cousues et repliées qui donne à ce vêtement une forme en T. De par sa forme caractéristique, le Kimono a un dos pareil à une toile ce qui permet aux couturiers une grande expression artistique. De nombreux motifs à la symbolique fortes sont généralement brodés le long du vêtement. Le kimono est noué sur le devant à l’aide d’une ceinture rigide très large appelée « Obi » et ce porte avec des accessoires spécifiques tel que des épingles décoratives ou des peignes pour cheveux.

 

Quel est son histoire ?

A la base c’était un vêtement porté quotidiennement par les classes populaires et ce dès l’époque médiévale car il était facile de le fabriquer. Il s’est ensuite démocratisé dans le milieu bourgeois pour mettre en avant les tissus et la richesse des marchands. Par la suite le kimono s’est imposé au sein de l’aristocratie japonaise vers le 17 ème siècle, principalement chez les grandes familles de combattants japonais.

Aujourd’hui il n’est plus porté au quotidien, uniquement lors de fêtes traditionnelles, mais le kimono reste l’un des seuls habits dans l’histoire mondiale qui est porté depuis plusieurs siècles par toutes les classes sociales et par les deux sexes.

 

Pourquoi l’expression « Au bonheur des dames » dans le titre de l’exposition ?

Car c’est là l’un des autres objectifs de cette expositions ; nous montrer l’importance de ce vêtement dans les différentes étapes de la vie d’une femme japonaise. De sa jeunesse à son mariage puis à l’âge adulte le kimono l’accompagne et se fait plus léger en motifs avec le temps.

Pour les jeunes femmes par exemple, le tissu est léger avec des éléments floraux cousus sur l’ensemble du vêtement. Les décorations sont composées de motifs traditionnels comme des tiges de bambou ou fleurs de prunier qui symbolisent des vertus.

Lors des cérémonies de mariage, on utilise plutôt des tissus précieux qui sont richement brodés d’animaux de toutes sortent comme les grues par exemple, qui évoque la prospérité.

On voit aussi dans les quelques estampes disséminées le long de l’expo, comment l’accessoirisassions des kimonos est primordial et renvoient des messages sociaux aussi important que le vêtement lui-même.

 

Dans cette exposition, est qu’une pièce a particulièrement retenu ton attention ?

Oui c’est le cas d’un kimono de cérémonie en lin bleu roi qui m’a vraiment marqué. Il est décoré de camélias et de fleurs de cerisiers aux couleurs pastelles sur le bas du vêtement, mais avec sur le haut des dizaines de broderies en fil d’or représentant un animal surprenant : la Chauve-souris ! Sachant que pour la plupart d’entre nous cet animal ne renvoie pas à l’image la plus positive qui soit ; j’ai cherché des réponses dans la multitude de textes que l’on trouve autour des kimonos. Et j’ai finalement appris que c’était en fait un symbole de longévité pour la classe dominante aristocratique.

Donc l’expo met vraiment en lumière toute la symbolique de ce vêtement en nous expliquant les codes et représentations relatifs à l’âge, au rang mais aussi à l’époque ; Car à l’ouverture du Japon vers le monde occidental au 19 ème siècle, le kimono se modernise en devenant un habit qui ne sera destiné qu’aux grandes occasions.

 

L’exposition nous présente aussi des réinterprétations du Kimono par des créateurs occidentaux ?

Oui car beaucoup de grands couturiers se sont inspirés du kimono pour réinventer la mode du 20 ème siècle. Tel Poiret avec une robe portefeuille fluide, Gautier avec un déshabillé rouge très osé ou encore Kenzo ou Dior qui l’ont utilisé comme base pour de nombreuses collections. La création qui est vraiment la plus spectaculaire dans l’exposition est celle qu’a réalisé Yves Saint Laurent en 1994. C’est un manteau aux manches amples, fait dans un tissus vert et violet très brillants et simplement fermé par une broche en dentelle. Il joue sur le mélange de broderies françaises et de motifs japonais floraux. C’est vraiment par cette pièce que l’on voit l’influence du Kimono sur la mode française.

Eh bien merci Laetitia pour toutes ces infos ! L’exposition « Kimono au bonheur des dames » est à découvrir au Musée Guimet, à Paris, jusqu’au 22 mai 2017.

Photo de couverture : Laetitia A. Dumont